La plateforme Imatag de Lamark protège les images avec du tatouage numérique (digital watermarking). Mais qu’est-ce que c’est ?

Notre white paper répond à cette question. Ce post en rajoute une couche.

Première confusion : filigrane et watermark

Les anglais parlent de digital watermarking, mot à mot “filigrane numérique”. Première confusion dans le monde de la photo : cela n’a rien à voir avec l’insertion de watermark dans les logiciels de retouche photo qui superposent un message visible sur la photo.

filigrane visible
Filigrane visible (photo: M.Desoubeaux)

Pour éviter la confusion certains parlent d’ invisible watermark. Dans “filigrane numérique”, le mot filigrane traduit le fait que la photo est modifiée de manière imperceptible. Il n’y a aucune différence visuelle à l’oeil nul entre l’image originale et l’image protégée. De plus, les informations cachées dans l’image sont des données binaires interprétables par un ordinateur qu’un humain ne peut pas lire directement.

Les français parlent de tatouage numérique (expression apparemment inventée par l’entreprise Thalès précurseur dans ce domaine en France). Le mot tatouage traduit la robustesse de la technologie : même si l’image protégée est retouchée (découpage, réhaussement de contraste, changement colorimétrique, étirement, rotation, compression JPG …), l’ordinateur retrouve les informations cachées. Les informations cachées collent à l’image comme un tatouage sur la peau.

Le tatouage numérique n’est pas nouveau

Les premiers travaux scientifiques datent d’il y a 25 ans (wikipedia, Information hiding, cahier du numérique). Le tatouage numérique est partout car il s’applique à beaucoup de types de contenus (image, vidéo, son, code source, carte géographique, modèle 3D, séquence ADN, molécules chimiques) et ses utilisations sont multiples. Vous avez probablement déjà vu ou entendu des contenus tatoués (sans le savoir, puisque justement le tatouage numérique est invisible, inaudible, imperceptible …).

Le tatouage numérique est partout

Des exemples d’application ? En voici :

Mesure d’Audimat :

En Europe (notamment en France avec Mediametrieet aux US, la bande son des chaines télé sont tatouées. L’information cachée est le nom de la chaine. Les panelistes ont un appareil placé sur la télé qui captent le son ambiant dans la pièce, décode le tatouage et envoie par Internet le nom de la chaine regardée par la famille.

audimètre médiamétrie
source : médiamétrie

Intégrité des contenus :

En Afrique, les pubs télé sont longues et distribuées sur de nombreuses chaines locales qui n’hésitent pas à les écourter pour multiplier le nombre d’annonceurs. L’information cachée est un identifiant de la publicité suivi d’un time-code, pour vérifier que chaque seconde de pub est bien transmise.

Protection de copie :

La bande son des films au cinéma ou sur Blu Ray est tatouée. Le décodeur est dans le lecteur Blu Ray : s’il détecte un tatouage dans la bande son d’un contenu non chiffré, il en conclut que c’est une copie pirate (un camcord fait dans un cinéma ou un Blu Ray rippé), et il stoppe la lecture.

audi watermarking of Blu Ray

source : FNAC

Investigation :

La vidéo dans les cinémas numériques est aussi tatouée. L’information cachée est la date de la projection ainsi que le numéro du vidéo-projecteur. Ainsi, Hollywood sait dans quelle salle un camcord pirate a été enregistré et peut mettre la pression sur le propriétaire de la salle de cinéma.

Le traçage :

Sur des sites de vente en ligne de contenus numériques (film, BD, musique), le contenu acheté est personnalisé : l’identifiant du client y est caché. Ainsi, on sait d’où viennent les fuites.

Reconnaissance de packaging :

Certains pensent que le tatouage numérique pourrait remplacer le code barre.

Bref, le tatouage numérique invisible, ce n’est pas nouveau et c’est déjà partout.